Mininous

L’éducation positive

J’ai envie de reprendre le blog avec un article qui porte sur l’éducation positive, ou parentalité positive, bienveillante. Il y a des tas d’ouvrages sur le sujet mais j’ai envie de vous partager ma vision de la chose.

Autant d’expressions pour parler d’une nouvelle façon de penser l’éducation de son enfant, que l’on reconnait et traite en tant que personne et non en tant qu’être « mineur » (qui revient à le considérer d’emblée comme étant inférieur à l’adulte « majeur »).
Dit comme cela, nombreux sont ceux qui peuvent vous étiqueter comme étant hippies ou bobos… Mais peu importe.

Éduquer positivement, c’est être vigilant à ses actes et à ses mots. C’est avoir conscience qu’ils peuvent avoir un impact, physique et psychologique, peu importe que ce soit sur du court, moyen ou long terme.

Cette parentalité bienveillante vise à exclure les VEO (Violences Éducatives Ordinaires) dont nous avons quasiment tous été victimes et/ou témoins étant enfant :
* tape sur la main, fessée, punition, mise au coin, cri,
* menace (« si tu ne finis pas ton assiette, tu seras privé de… », « tu arrêtes de crier ou sinon… », etc.),
* humiliation (« comme tu es moche quand tu pleures », « tu es nul(le) », « qu’est-ce que tu es maladroit(e) », « tu ne comprends rien », etc.),
* surnom (« microbe », « petite terreur », « gros bébé », etc.),
* injonction (« range tes affaires », « ne pleure pas », « finis ton assiette », etc.),
… et bien d’autres encore.

Ces VEO peuvent avoir de lourdes conséquences sur l’enfant : intégration des défauts (reprochés ou évoqués au travers des surnoms par exemple) dans la construction de sa personnalité, difficultés relationnelles, manque de confiance en soi, reproduction sur ses propres enfants des VEO subies dans son enfance, etc.

Elles sont malheureusement ancrées dans les mœurs éducatifs. Quand on y pense, il est assez dingue de réaliser qu’un chien frappé dans la rue choque et révolte davantage qu’un enfant qui se prend une fessée. C’est dire à quel point elles sont banalisées.

@Fanny Vella

Remettre en question ces VEO, ce n’est pas forcément remettre en cause l’éducation que l’on a reçu et culpabiliser nos propres parents. Il s’agit d’avantage d’avoir envie d’un changement, de penser l’éducation autrement, en considérant l’enfant comme son égal, c’est-à-dire un être humain qui comme nous (adultes) a des besoins et émotions, que l’on doit prendre en compte, respecter et accompagner au mieux.

C’est aussi lutter contre l’ « adultisme » (domination de l’adulte sur l’enfant) : ne pas partir du postulat que l’enfant doit obéir aux adultes et qu’il est le seul à avoir des choses à apprendre d’eux. Nous avons tous à apprendre des autres, peu importe leur âge.

Éduquer avec bienveillance revient pour moi à avoir en permanence en tête : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse ».

Si vous ne finissez pas votre assiette, est-ce que quelqu’un vous force à rester à table jusqu’à ce que vous la terminiez ?
Si vous n’avez pas envie de porter tel vêtement, vous y oblige-t-on ?
Si vous n’avez pas envie d’embrasser untel, est-ce que l’on vous y contraint ?
Si vous n’avez pas envie de vous taire/assoir, est-ce qu’on lève la main sur vous pour vous y pousser ?
Aimeriez-vous que l’on vous demande de faire quelque chose sans aucune formule de politesse ?
Autant de questions utiles à se poser.

@Fanny Vella

Pour remplacer ces VEO, la verbalisation et la cohérence sont reines (par exemple : ne pas dire à son enfant de ne pas crier en hurlant, prévenir des risques possibles plutôt que de dire « attention ! » ou « ne fais pas ça ! », etc.). Ca demande une sacrée gymnastique intellectuelle parfois mais ça vaut le coup.

Il ne faut pas confondre « éducation positive et bienveillante » avec « éducation laxiste et permissive ». En tant que parents, notre rôle est évidemment d’assurer la sécurité physique et affective de nos enfants et cela inclue de fixer parfois des limites. Mais ces limites peuvent être fixées sans violences.
Il s’agit simplement d’avant tout chercher à accompagner plutôt qu’à diriger. Et je pense qu’il n’est jamais trop tard pour s’y mettre ou s’améliorer.

J’ai vraiment pris conscience de l’existence de ces VEO en devenant maman.
J’ai réalisé beaucoup de choses en regardant Moon grandir de jour en jour, la principale étant que je ne voulais pas l’ « éduquer » mais bien l’ « élever ».
Lui donner confiance en elle dès le départ, l’accompagner dans ses apprentissages, peu importe le temps qu’elle mettrait à les faire (toujours dans la continuité de la motricité libre que l’on pratique avec elle depuis sa naissance), sans se soucier des âges moyens donnés par les sites/professionnels spécialisés, ou l’avis/les conseils de Tata Jacqueline.

En élevant Moon de cette manière, en excluant au mieux les VEO, nous souhaitons lui enseigner la bienveillance, l’empathie et l’amour propre. Nous verbalisons ainsi au maximum les choses avec elle, aussi insignifiantes qu’elles puissent paraître.

Nous espérons ainsi l’aider à développer et affirmer sa confiance en elle, en nous (pour nous faire part de ses doutes ou difficultés sans crainte d’être jugée) et en autrui.

L’éducation positive est celle que nous avons choisi d’offrir à Moon. Cela nous demande des remises en question très régulières et de la réflexion. Il y a des loupés évidemment car nous ne sommes pas parfaits mais dès qu’on en prend conscience, on le verbalise et on s’excuse (d’avoir crié par exemple).

Tous les jours nous apprenons, nous essayons, nous persévérons et nous réussissons aussi des fois, il faut bien l’admettre.

Cet article ne vise personne et n’a absolument pas pour but de culpabiliser qui que ce soit. Je le pense depuis un petit moment et et je l’ai écrit avec l’envie de sensibiliser à ces notions (éducation bienveillante, VEO, adultisme), que vous soyez parents ou non.

N’hésitez pas à partager votre avis ! 🙂

 

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Une réflexion au sujet de « L’éducation positive »

  1. Merci pour cet article. Courage à nous parents qui avons choisi cette façon d’accompagner nos enfants. C’est une réelle gymnastique surtout lorsqu’on doit faire face à des automatisme qui sont ancrés en nous depuis l’enfance car l’éducation était la norme. Courage pour faire face aux remarques et autres « conseils » type « mais laisse la pleurer » etc.
    On voit le réel bénéfice de la bienveillance sur nos enfants.
    Alors oui ce n’est pas évident, ça ne fonctionne pas toujours du premier coups, on peut aussi perdre nos nerfs. Mais on est humain.
    A nos enfants ❤

    Aimé par 1 personne

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