Mininous

L’allaitement

 

J’ai toujours voulu allaiter mon bébé.
À vrai dire je ne me suis jamais posée de questions sur comment nourrir Moon à sa naissance.

Je voyais l’allaitement comme quelque chose de simple, facile, naturel et instinctif. Et je pensais qu’ayant une belle poitrine de base, ce serait d’autant plus facile.
Que nenni.
Autant parler franchement, mon pire souvenir de l’accouchement a été la mise en route de l’allaitement.

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La fameuse « tétée de bienvenue » m’a été proposée par la sage-femme dans le quart d’heure suivant la naissance de Moon, qui très vite à su trouver seule le chemin de mon sein. Elle m’a impressionnée.
Par contre… quelle douleur quand elle s’y est installée. Je me suis dit qu’elle n’était sûrement pas bien positionnée pour que cela me soit aussi douloureux. Mais pas du tout. La sage-femme m’a dit qu’elle s’y prenait comme une cheffe.
Je devais donc gérer ma douleur, douleur que je n’avais pas du tout anticipé.
Les tétées suivantes ont été tout aussi difficiles.
Chaque professionnelle que je rencontrais y allait de son conseil (qui s’apparentait parfois davantage à un ordre..).
Problème : elles n’étaient pas toutes sur la même longueur d’ondes.

Certaines me disaient de la mettre au sein dès qu’elle s’éveillait, d’autres me disaient d’attendre des « signaux ».
Certaines me disaient qu’il n’y avait pas de temps à respecter entre chaque tétée, d’autres me disaient d’attendre minimum 1h.
Certaines me disaient que si elle tétait sa main c’est qu’elle n’avait pas faim, d’autres me disaient que si elle tétait sa main c’est qu’elle avait faim.
Certaines me disaient de ne donner qu’un sein à chaque tétée, d’autres me disaient de proposer les deux à chaque fois.

Bref.

Je me suis vite sentie perdue et démunie, ne sachant plus qui écouter. J’ai eu en bonus de belles crevasses (oui rien que le nom fait flipper mais en soignant bien elles passent très vite). Je me sentais nulle et j’avais l’impression d’être incapable de répondre correctement aux besoins de ma fille, d’autant que 2 jours après sa naissance, elle avait perdu quasiment 10% de son poids initial.

En gros, déjà que physiquement l’allaitement n’était pas simple à mettre en place, psychologiquement cela a été encore plus rude pour moi. Surtout les 3 jours passés à la maternité.

Une fois rentrées à la maison, j’ai eu la visite d’une sage-femme libérale et je lui ai parlé de mes inquiétudes et de ma mauvaise première expérience. Elle m’a tout de suite rassurée et a pris le temps de m’expliquer. Il fallait donner les 2 seins pour bien favoriser la lactation (c’est bébé qui déciderait s’il les prend ou pas), les lui donner à la demande (les bébés ne sont pas boulimiques, ils ne prennent que ce dont ils ont besoin) et ne pas m’inquiéter, je repèrerai rapidement si elle avait faim et le lait maternel se digère très bien et vite et surtout…. me faire confiance.

J’ai réalisé à ce moment là que je ne m’étais pas du tout écoutée depuis le début.
Je n’avais laissé aucune place  à mon instinct de nouvelle maman.
Par stress, fatigue et appréhension, je m’étais montrée « scolaire », à vouloir écouter les consignes. Et comme elles divergeaient d’une personne à l’autre, c’était voué à l’échec.
J’ai aussi réalisé que mon stress se répercutait sur ma fille.
J’ai eu un déclic.

En fait, les premiers jours je n’ai pris aucun plaisir à nourrir ma fille, parce que je ne me faisais pas assez confiance en tant que jeune maman. Et finalement je ne faisais pas non plus assez confiance à Moon !

À partir de ce moment là, tout a changé.

Je me suis détendue avant chaque tétée et j’avais à cœur que ma fille et moi partagions un vrai moment de complicité.
Je prenais le temps de changer de position si je ressentais la moindre petite douleur, pour que toutes les 2 nous passions un bon moment et pour permettre à Moon de se nourrir efficacement.
Changement radical. Plus aucune crevasse, bébé a repris du poids et chaque moment passé à la nourrir je réalisais à quel point le corps de la femme est magique et j’étais fière de nourrir ma fille comme je le faisais.
Et quel bonheur de la sentir tout contre moi, de voir à quel point je parvenais à la rassurer, la réconforter ou l’apaiser, rien que par ce geste.

Au début de l’allaitement, je n’osais pas trop sortir de chez nous, par crainte que Moon réclame le sein. J’avais peur de devoir me découvrir, que mon sein soit vu par d’autres et qu’on me juge.
Mais assez vite et grâce au soutien et aux encouragements de mon homme, j’ai réussi à vaincre ma peur du regard des gens et j’ai appris à la nourrir un peu n’importe où : dans un parc, une voiture, une aire d’autoroute, un jardin, à table, dans le bain, etc. Et dans différentes positions : assise, demi-assise, allongée, debout.
Jusqu’ici je n’ai eu aucune remarque mais de toutes façons, peu importe ce que certains pourraient dire ou penser finalement.

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Après tout, dans notre société actuelle, les seins des femmes sont très exposés dans les médias, à visée commerciale, sexuelle, voire pornographique.
Et malheureusement, cela ne choque presque plus voire plus du tout la plupart des gens.
Le corps de la femme, souvent sexualisé, est banalisé (et rien qu’en écrivant cette phrase, la féministe que je suis manque de s’étouffer).
Si certain(e)s sont choqué(e)s à la vue de mes seins alors qu’ils ne servent qu’à nourrir mon bébé et donc à répondre à son besoin primaire de manger, je leur dirai de détourner le regard et d’aller se faire voir (en plus cru évidemment).
J’ai donné la vie et je permets à mon enfant de grandir en lui donnant tout les anticorps, le réconfort et l’amour possible, alors les mauvaises langues choquées par un bout de sein et un téton passeront leur chemin seules ou je les y aiderai 🙂

Autre difficulté rencontrée, l’introduction du biberon.
Nous avons décidé de commencer pendant son 2ème mois de vie pour y aller très progressivement afin qu’arrivée à son entrée en crèche, elle se soit bien familiarisée et prenne du plaisir à prendre ses biberons.
Je précise que j’ai choisi de tirer mon lait. Moon n’aura donc pas de lait en poudre tout le temps que je serai capable de lui fournir le mien.
Je vous avoue que le tire-lait est resté un moment au pied du lit car je n’étais pas prête psychologiquement à ne plus lui donner exclusivement le sein. J’avais peur qu’elle pense que je la délaissais et/ou qu’elle aime un peu trop le côté facile de la tétine et refuse ensuite de reprendre le sein. #mamantiraillée
Moon ayant eu un mois et une semaine d’allaitement exclusif (c’est à dire d’allaitement au sein), le premier biberon a été un échec cuisant que mon mari a eu du mal à accepter sur le moment car il se faisait une joie de nourrir sa fille pour la première fois depuis sa naissance.

Il a fallu faire preuve de patience, prendre le temps de lui expliquer notre démarche, lui faire découvrir la tétine quand elle n’avait pas faim pour qu’elle se familiarise avec sa texture et son goût, avant qu’elle ne prenne enfin son premier biberon.
J’étais tellement émue de voir mon homme la nourrir pour la première fois…

À l’heure actuelle, Moon ne raffole toujours pas du biberon et nous ne sommes même pas à un biberon par jour mais nous sommes confiants, elle sera prête pour la crèche mi-Octobre.

Pour conclure je dirai que l’allaitement est un choix très personnel.
Une maman qui n’allaite pas par choix ou parce que les débuts ont été trop difficiles ou autre raison ne doit pas se culpabiliser.
L’essentiel étant l’amour qu’on ressent et qu’on donne à son bébé.

J’ai failli abandonner plus d’une fois au bout de 3-4 jours.
J’ai choisi de persévérer même si psychologiquement et physiquement cela m’a coûté.
Au bout d’une semaine et demie, l’allaitement était lancé et aujourd’hui je me vois allaiter ma fille le plus longtemps possible, au moins jusqu’à ses 1 an, au mieux jusqu’à ses 18 mois (en fait tout dépendra des effets de ma reprise de travail sur ma lactation et des dents à venir…).

Si vous voulez vraiment allaiter mais que comme moi vous rencontrez un départ limite catastrophique, je ne peux que vous conseiller de :
– souffler, prendre du recul,
– pleurer un bon coup pour décharger votre stress,
– ne pas vous décourager trop vite,
– ne pas vous culpabiliser,
– écouter les conseils mais avant tout vous écouter vous et votre bébé,
– vous faire confiance et faire confiance à votre bébé : vous êtes tous les 2 capables,
– et enfin, accepter que cela ne marche pas du premier coup.

Parfois les plus belles choses se concrétisent avec du temps.

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